Le Maitrank
Son Histoire
À Arlon, le Maitrank, ou « boisson de mai » en francique-mosellan, est un trésor du patrimoine local. Né au IXe siècle dans les écrits des moines de Prüm, qui macéraient l’aspérule odorante dans le vin pour ses vertus médicinales, il a traversé les âges. Délaissé avec le temps, il renaît dans les années 50 grâce à André Arend, médecin généreux, et Georges Bestgen, marchand de vins. En sucrant la recette et y ajoutant orange et cognac, ils redonnent vie à cet apéritif. Dégusté dans les caves et cafés d’Arlon, le Maitrank s’impose comme une fierté régionale.

L'Aspérule
Surnommée Reine des Bois, l’aspérule odorante est l’âme du Maitrank. Cette plante printanière des hêtraies, aux fragrances de vanille et de foin frais, est cueillie fin avril en Pays d’Arlon pour macérer dans le vin de Moselle. Mentionnée dès 854 par le moine Wandalbert de Prüm, elle était prisée au Moyen Âge pour ses vertus médicinales – du foie au cœur – et sa magie olfactive. Relancée artisanalement, elle distingue le vrai Maitrank, un trésor jalousement gardé.

Le Vin de Moselle
Fort de 2000 ans de viticulture, le vignoble de la Moselle luxembourgeoise offre des vins de caractère, nés d’un sol fertile et du savoir-faire ancestral des vignerons. Parmi eux, l’Elbling, cépage sec et léger à l’acidité équilibrée, s’impose comme la base idéale du Maitrank d’Arlon. Sa fraîcheur typique se marie parfaitement à l’aspérule odorante, créant ce divin breuvage qui célèbre notre terroir.

La recette du Maitrank
Le Maitrank n’a pas de recette unique, mais des incontournables : vin blanc sec de Moselle (souvent Elbling), aspérule odorante cueillie avant floraison (10-18 brins par litre), sucre (8-12 morceaux) et orange en rondelles. Certains y ajoutent cognac, porto ou cannelle pour une touche personnelle. Après 48h de macération dans un pot de grès, on filtre, on sert frais avec une rondelle d’orange – et on savoure ce breuvage artisanal à son goût !
